Lancement de WOW Classic, entre files d'attente et cours de bourse

World of Warcraft Classic vient d'être lancé et les premières heures de jeu ont cette saveur particulière propre aux nouveaux MMORPG, mêlant la frustration des files d'attentes et l'enthousiasme de la (re)découverte – alors que la réussite de cette sortie redonne des couleurs au cours de bourse d'Activision Blizzard.

Pour nombre de joueurs en ligne, le lancement d’un (nouveau) MMORPG a toujours une saveur un peu particulière, entre le plaisir de la (re)découverte et l’ambiance spécifique qui règne in-game aux premières heures d’un serveur – peut-être portée par ce sentiment d’assister collectivement à un événement qui, par définition, ne se reproduira pas.
Dans ce contexte, le lancement de World of Warcraft Classic se démarque sensiblement : pour nombre de joueurs, se reconnecter sur la version originale du MMORPG de Blizzard est à la fois évocateur de (vieux) souvenirs donnant le sentiment de revenir en terrain connu, où l’on a parfois déjà passé de très longues heures, et pour autant on retrouve aussi cette atmosphère particulière de « nouveau monde » dont les zones de départ fourmillent d’activité.

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On le sait, Blizzard a soigneusement préparé ce (re)lancement : depuis deux semaines, le studio ouvre régulièrement de nouveaux serveurs au fur et à mesure qu’ils se remplissaient, pour accueillir les joueurs dans les meilleures conditions. Au total, WOW Classic s’est donc lancé sur plus d’une cinquantaine de serveurs européens et nord-américains (une vingtaine de serveurs ont été ouverts la veille et l’avant-veille du lancement), pour un total à ce jour de quatre serveurs francophones, dont trois PvP.
Et pour autant, les joueurs n’ont pas échappé aux files d’attentes, parfois de plusieurs heures, pour parvenir à se connecter en heure de pointe – c’est le jeu, et comme toujours lorsqu’un « nouveau » MMORPG se lance, l’exploitant doit trouver le juste équilibre entre ouvrir suffisamment de serveurs pour accueillir tous les joueurs le jour de la sortie, mais pas trop pour éviter que ces mêmes serveurs ne paraissent vides une fois que l’engouement du lancement sera passé.

File d'attente spontanée

Et même une fois connecté, l’expérience de jeu n’est pas la même pour tous : selon la race de personnage choisie (et donc sa zone de départ), les joueurs peuvent être plus ou moins confrontés à des phases de lag. Toujours selon la zone, les premières quêtes peuvent se révéler laborieuses quand les PNJ sont pris d’assaut et se transforment en un amas de personnages qui rivalisent de haute lutte pour placer le clic qui permettra de valider une quête... Pour autant, on assiste aussi à des scènes d’une étonnante politesse dans la frénésie de ce lancement : pour obtenir un objet ou atteindre un boss à éliminer, les joueurs se sont eux-mêmes organisés pour former des files d’attentes (encore !), cette fois directement dans l’univers de jeu. On pouvait ainsi croiser des files de personnages (parfois plusieurs dizaines) attendant patiemment leur tour pour récupérer l’objet ou affronter le monstre qui permettrait de lancer, poursuivre ou achever une quête. Et à en croire les réseaux sociaux, ce phénomène spontané a été constaté sur plusieurs serveurs différents (au moins francophones et anglophones en Europe). Autant d’anecdotes qui marquent les esprits des participants à un lancement et contribuent sans doute à forger l’ambiance d’un serveur... mais dont on se demande si elle perdurera très longtemps, une fois que le temps et l’émotion de la sortie seront passés.

Toujours est-il que les joueurs ne sont pas les seuls à humer l’atmosphère du lancement de World of Warcraft Classic. Les actionnaires d’Activision Blizzard font de même, pour déterminer si le groupe tient là le jeu qui permettra de redresser un cours de bourse en berne depuis des mois.
L’avenir apportera des réponses, mais au lendemain de la sortie du MMORPG, on constate que l’action d’Activision reprend des couleurs : on est évidemment loin des valeurs d’avant la BlizzCon 2018 et l’annonce mal perçue de Diablo Immortal (83$ en octobre 2018), mais le cours de bourse du groupe a repassé le cap symbolique des 50$ (51,09$ à l’heure où ces lignes sont écrites), ce qui était rarement arrivé depuis novembre dernier.
Reste alors à analyser cette tendance : faut-il y voir la capacité d’Activision Blizzard à rebondir durablement ou l’aveu que le studio doit s’appuyer sur ses succès d’il y a 15 ans pour se redresser ? La réponse sera sans doute apportée par les joueurs eux-mêmes et leur volonté (ou non) de pérenniser le succès de WOW Classic en confirmant durablement leur abonnement – que ce soit pour rester sur WOW Classic au gré de ses mises à jour à venir ou pour s'aventurer aussi, parallèlement, sur les serveurs de WoW Battle for Azeroth.

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