Le film Warcraft, « un champ de mines politique » pour Duncan Jones

Si le film Warcraft a relativement bien fonctionné au box office (grâce à la Chine), le film a peu marqué les cinéphiles. Peut-être parce que sa réalisation s'est révélée complexe pour Duncan Jones, du fait des enjeux politiques et économiques.

Depuis ce 23 février, la plateforme Netflix propose Mute, le dernier film en date de Duncan Jones -- encore un film de science-fiction (après Moon ou Source Code), mais immergeant cette fois le spectateur au coeur de Berlin en 2056, sur les traces d'Alexander Skarsgård qui incarne ici un barman muet dans une trame narrative où « les actes en disent plus que les mots » (dixit Netflix). Si la critique n'est pas tendre (voire assassine) avec le film, cette nouvelle sortie est l'occasion pour Duncan Jones de répondre à la presse et notamment à SyFiWire , où il revient notamment sur le tournage de son précédent film, Warcraft : Le Commencement, sorti en 2016.

Le film Warcraft, « un champ de mines politique » pour Duncan Jones

Interrogé sur les expériences significatives de sa carrière, le jeune réalisateur considère ainsi que le film Warcraft a été son expérience la plus difficile, notamment parce que le film tenait du « champ de mines politiques », imposant « beaucoup de réécriture » à l'équipe créative, « au cours de la réalisation du film ».
Plus concrètement, le film était produit par le studio Legendary, longtemps associé à la Warner, mais qui rejoignait alors Universal tout en étant vendu au groupe chinois Shanda : de nombreux changements étaient alors opérés chez le producteur et se répercutaient manifestement sur la réalisation du film -- dont on sait qu'il était aussi destiné au marché chinois, territoire sur lequel le film a fait l'essentiel de ses entrées en salles, mais dont le système de visa est aussi soumis à une stricte censure qui limite la liberté créatrice des équipes cinématographiques. En outre, il a aussi et surtout fallu compter avec Blizzard, « très vigilant à tout ce qui pouvait se passer dans le film », selon le réalisateur, notamment parce que « World of Warcraft est leur gagne-pain à plus d'un milliard de dollars par an ».

Un contexte relativement complexe, donc, ayant contraint le réalisateur « à apporter des modifications et faire des compromis du fait de raisons politiques et quant à la nature du film ». Duncan Jones évoque donc la réalisation du film comme un « déchirement », « plutôt traumatisant », même si avec le recul, il estime aussi avoir « beaucoup muri et beaucoup appris de cette expérience », considérant que s'il devait de nouveau se lancer un tel projet (un blockbuster), il aurait davantage conscience des enjeux, se disant « plus sage et avisé maintenant ».
D'autant qu'il ne garde pas que des mauvais souvenirs du tournage : il évoque ainsi par exemple les décors « énormes et phénoménaux » du film Warcraft, notamment les décors extérieurs reconstituant Hurlevent -- manifestement fasciné d'avoir construit « un énorme morceau de cité », faisant écho à ses souvenirs d'enfant alors qu'il accompagnait son père, David Bowie, sur des tournages et évoluait déjà dans des décors gigantesques similaires.

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